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Au fil des années
70 et 80, une quarantaine de "centres de documentation
Tiers Monde" se sont constitués en France. Venus
d'horizon très divers, de l'ancien coopérant au
chercheur en passant par le militant associatif, le syndicaliste
ou le paysan, tous sont d'accord sur les constats suivants :
il est urgent de prendre en compte la situation des peuples
du Tiers Monde et il ne peut y avoir de progrès des sociétés
sans renforcement de la solidarité. Cette solidarité
veut échapper à l'approche caritative et construire
des relations différentes entre le Nord et le Sud. Pour
cela, il faut éduquer la vision du Nord sur le Sud et
cela passe par une information différente, ouverte aux
voix des sociétés civiles.
Documentation, information et formation sont les premiers outils
indispensables pour alimenter la réflexion des animateurs
des groupes et sensibiliser le public à la gravité
des contradictions actuelles entre pays du Nord et pays du Sud.
Peu à peu, les centres
sont devenus :
o des lieux de rencontre et de documentation / formation pour
les ONG qui travaillent sur le développement.
o des lieux d’animation , qui organisent notamment des
rencontres, des expositions, des débats...
o des producteurs de documents de référence.
1982... premières
coordinations
Malgré une grande diversité et une complète
indépendance, le travail commun sur la documentation
a amené les centres à se coordonner : pour l'élaboration
d’un thesaurus, la répartition du dépouillement
à partir d’une liste de revues communes. Il s'agissait
dès le début de constituer une base de données
alternatives intégrant la littérature grise et
les documents souvent négligés du fait de leur
orientation et de leur engagement militant. Cette dynamique
est issue de la rencontre du mouvement tiers mondiste caritatif
et du mouvement anti-impérialiste et de la volonté
des militants de la solidarité internationale de comprendre
les relations Nord - Sud, dénoncer le pillage du tiers-monde,
d'informer sur les réalités des conditions de
vie des populations des pays du Sud et de favoriser des relations
de partenariat entre les populations du Nord et du sud
1985... naissance de R.I.Ti.Mo.
Le nombre croissant des centres et l'accroissement du travail
commun ont amené à la création d'une union
d'associations R.I.Ti.Mo. (Réseau d’Information
Tiers Monde des centres de documentation pour le développement)
qui est devenu un interlocuteur à part entière.
Cette institutionnalisation a permis d'améliorer les
recherches de financement indispensables pour les activités
de documentation. Elle a également permis au centre de
défendre l'idée d'une politique d'accès
à l'information à la fois efficace et pluraliste.
L'action de R.I.Ti.Mo. s'intègre dans les projets d'un
"nouvel ordre international de l'information" visant
à lutter contre les inégalités dans l'accès
à l'information et à assurer une réelle
multiplicité des sources d'information.
Dans la recherche de cette pluralité, les centres de
documentation veulent représenter une orientation : celle
des réalités vues par les peuples qui la vivent
et par ceux qui considèrent la solidarité entre
les peuples comme une valeur fondamentale.
Le ritimo aujourd’hui
En 2001, le réseau compte 40 centres de documentation
membres à part entière, 7 membres associés.
R.I.Ti.Mo. dont l'objectif premier reste d'aider à comprendre,
informer, sensibiliser garde la volonté de participer
au mouvement de lutte contre le mal-développement au
Nord, Sud, Est, Ouest. Il s'agit donc de faire connaître
ceux qui innovent pour des formes de développement durables,
solidaires, égalitaires, faire connaître les expériences
alternatives, d'échanger des informations sur ceux qui
dans le monde inventent de nouvelles formes de citoyenneté
et de solidarité.
R.I.Ti.Mo. a reçu en 2000, l'agrément Education
nationale.
Site
web de R.I.Ti.Mo
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