Bonjour à tous ! Nous sommes Emilie et Isabelle de l'association Paroles d'Ailleurs. Nous partons 4 mois pour un périple en Afrique à travers le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal et le Mali. Notre mission : recueillir des témoignages sur les relations entre les grands-parents et les petits enfants. Notre motivation : des rencontres, des sourires, des moments de vie et de l'aventure !!! Notre parcours : itinérant et rythmé par les transports locaux. Vivez avec nous ces moments forts et les premières étapes de la création du livre pour enfants "Mes grands-parents racontent leur pays", sur la transmission du savoir et le devoir de mémoire.


Le mercredi 05 mai 2004 :

Bonjour à tous, nous partons demain à 14h !!!!! L'arrivée est prévue dans la nuit de vendredi à samedi à 4h du matin. Noël ou Zackaria seront normalement là pour nous accueillir.

Pour le moment, nous avons le nez dans les sacs et les derniers préparatifs.
Tout est à peu près oK.
Pour le prochain mail, nous aurons posé le pied sur la terre africaine et nous serons à Casablanca.

A très bientot
Milie et Isa


Le samedi 08 mai 2004 :

Salam aleikum !!

Après avoir quitté nos amis sur le quai de la gare routière à Grenoble samedi à 14h, nous avons traversé la France depuis Grenoble, puis découvert les paysages arides du sud de l'Espagne. Arrivé à Algésira nous avons embarqué sur le Bac nommé "Le rif" . Il était environ 16h vendredi. De la pointe de l'Europe on apercevait le continent africain qui se dessinait au large de la méditerranée. Moment magique...
Enfin, après deux bonnes heures de traversée, nous avons foulé le sol africain à Tanger. Déjà l'ambiance du Sud se faisait sentir: les passants qui fourmillent sur les routes, les voitures impatientes qui s'engagent à tout va sur les chaussées encombrées, les djélabas aux couleurs variées...
Nous avons découvert avant la tombée de la nuit les bords de mer et les campagnes après Tanger. A quelques heures de Casablanca, le bus s'est arrêté pour une pause de quelques minutes, durant laquelle nous avons bu notre premier thé à la menthe, bien mérité après ce long voyage !!
A la gare à Casablanca, nous avons été chaleureusement accueillies par Mickael (et pas Noël, qui est son nom de famille... petite erreur de compréhension téléphonique...!) et Zackaria.
Notre première nuit au Maroc fut bien appréciée par nos jambes et notre dos. Aujourd'hui, nous avons découvert les soucs, la grande mosqué de Hassan II qui culmine à 200 mètres, au bord de la mer, les petits taxis de Casablanca et nous avons profité des moments agréables en compagnie de nos amis Mickael et Zacharia. Et bien sûr nous avons profité de la douceur des thés marocains, ainsi que de délicieux jus de fruits pressés !!
Nous espérons pouvoir régler les papiers pour les visas mauritaniens lundi matin. Si tout se passe comme nous l'espérons, nous partirons mardi en direction de Aïn-leh avec Zackaria. Dès lors nous pourrons commencer notre travail et rencontrer les habitants des campagnes autour de Mecknès.

Nous pensons bien à tous nos petits français (n'est-ce pas Vincent...)
et nous vous remercions pour tous les petits messages que nous avons reçu et qui nous ont fait bien plaisir !!
A très bientôt, à Aïn-leh

Isa et Emilie


Le mercredi 12 mai 2004 :

Bonjour à tous!
Nous avons pris la route en bus le 11/05 au matin depuis la gare routière de Casa. Après 4h de route, nous sommes arrivées à Meknés, à environ 300 km de Casa à l'est.
Là nous avons pris un taxi Mercécédes nblanc jusqu'à Azrou. Heureusement, nous étions sérrés à 7 dans la voiture pour se réchauffer et lutter contre le mauvais temps!!
Après quelques heures passées en compagnie d'un ami de Zakaria et d'un thé chaud à la menthe, nous avons continué notre chemin jusqu'à Ain-Leuh, première étape du projet.

Ain-Leuh est une petite ville de 8000 habitants environ, située dans le Moyen Atlas a 1300 m d'altitude. Son nom reflète la richesse de la région (Ain= la source et Leuh = le bois).
La ville est construite aux pieds de la montagne et est traversée par un oued (rivière). Les maisons ont des toits en terrasse et se fondent dans un décor verdoyant et montagneux.

Nous sommes accueillies par la famille de Zakaria. Sa mère et sa soeur nous préparent de délicieux plats ( chorba, patiserie, pain maison ...)
La chambre où nous dormons semble inspirée des décors de 1000 et 1 nuits : des banquettes aux tissus dorés et rouges tout autour de la pièce.

Ce matin (12/05), nous avons découvert le souk hebdomadaire der Ain-Leuh et son ambiance vivante. Les berbères des alentours (les Bni Mguild : Berbères Amazires de la région) descendent au centre ville avec leurs ^^anes chargés de marchandises qu'ils vont vendre pendant la journée. Ils y achètent également leurs provisions de la semaine.

Nous avons rencontré ce matin le président de l'association des Chantiers Jeunesse Marocaine de Ain-Leuh, qui va nous aider à rencontrer des familles. Nous avons pris le temps de discuter autour d'un thé dans un petit café enfumé de tabac brun.

Notre projet commence donc à se concrétiser. Nous sommes enchantées de pouvoir entrer dans le feu de l'action !!!!!!

PS : Notons tout de m^^eme que la température à Ain-Leuh reste basse et qu'en attendant le soleil nous nous réchauffons autour du poele de la maison de Zakaria.

Nous pensons bien à vous tous, à bientot

Milie et Isa

 

Le jeudi 20 mai 2004 :

Bonjour à tous!!
Merci pour vos mails de soutien. c'est toujours 1 plaiosir de recevoir des nouvelles du pays...
Nous sommes à Ain Leuh depuis 10 jours et notre séjour a été très occupé et studieux. Hé oui, nous sommes trés actives...!!

L'association CJM nous a aidé à rencontrer un grand père qui a bien voulu répondre à nos questions. La semaine dernière, nous sommes allées chez Mr Zaka qui habite à 4 km de Ain leuh. Pour nous rendre dans ce coin de campagne isolé et vallonné, nous avons fait du stop, accompagné de Zakaria et d'un ami. Nous avons été pris rapidemment ... par un gros camion ! Nous sommes montés tous les 4 dans la benne. Cheveux au vent et mains bien accrochées au rebord, nous avons admiré les forets de chenes verts, le paysage rocailleux et apprécié les virages !! Une fois descendus, nous avons contiunué pour une petite randonnée au cours de laquelle les sentiers s'ouvraient sur dse cascades fraiches ou des champs de blé verdoyants.

Enfin, arrivés à la maison de mr Zaka, nous avons rencontré une grande famille berbère ( ils vivent à 13 !). Après avoir pris le temps de siroter 1 thé à la menthe et de déguster des fékasses (petits gateaux), nous avons fait le tour de cette maison rouge. Tout le monde était très attentif à notre présence: les enfants intrigués, le grand père nous montrant le four à pain, et les femmes dévoilant leur talent de tisseuse de tapis. Plus tard, nous avons laissé cette belle famille dans son océan de verdure.

Le lendemain, nous avons rencontré Mr Moustafa au hasard d'1 rue de Ain Leuh. Il a été très disponible, nous racontant de nombreuses histoires et nous a ouvert la porte de sa maison. Passionné de jardinage, il nous a conduit à son potager avec ses petits enfants. Il a répondu avec le sourire à toutes nos questions, meme quand nous devions le faire répéter en raison de réglages techniques. Ses filles et son épouse ont également passé avec nous des moments précieux autour d'un repas ou d'un thé. Les discussions étaient animées de gestes, de regards et de quelques mots de nos langues respectives.

Coté boulot, nous avons clarifié beaucoup de choses en étant dans l'action. Désormais, nous centrons nos recherches sur 1 seul grand-parent par point de chute. Nous avons aussi commencé la rédaction de l'histoire de Mr Moustafa, tant qu'elle est encore "fraiche" dans nos esprits.


Sinon, nous avons aussi profité de 2 jours pour aller aux sources d'Oum rbia et pour camper sous la pluie au bord du lac Ouiouan. A notre réveil, courbaturées, nous avons croisé le festival équestre de Meknès et nous avons réussi à nous faire invité sous une grande tente berbère traditionnelle. Le couscous nous a été servi et le gouverneur de la province nous a meme serré la main.

Petits détails: le hamam est très agréable, le hénné sur les mains et les pieds est ravissant (les knakis sont décorés !), les spaghéttis bolos que nous avons fait à la famille de Zakaria ont eu du succès.

Nous quittons Ain Leuh vendredi soir en direction du sud pour aller à la découverte du désert et des gorges de Dadès.
Nous arriverons à Taddert le 26 mai, mais nous n'aurons peut-etre pas accès à internet.
Pour les parents et chéris, vous pouvez nous joindre chez Ouchaib Lhoucen (vous avez le numéro sur la fiche), c'est le président de l'association qui nous accueille.

PS: Sam: on se fait une bouffe à Tiambé !
Nath: Félicitation et merde pour tes oraux !
caro : fonce pour tes projets et tes idées
Arno : Ouahouuuuu !

Bises à tous et à très bientot !

Milie et Isa


Le mercredi 26 mai 2004 :

Salam Alekoum!
Bonjour à tous !
Nous avons quitté les montagnes du moyen Atlas et la fraicheur de Ain Leuh vendredi 22 mai au soir. Le coeur lourd, nous avons fait nos adieux à la famillede Zakaria avec qui nous avons passé 10 jours inoubliables.
Avant d'arriver à Taddert dans le haut Atlas (entre Ouarzazate et Marakech) mercredi 26 mai, nous avons décidé de prendre quelques jours de vacances, accompagné de Zakaria. Aprés une nuit houleuse passée dans le bus (Emilie malade et Isa et Zakaria qui essaient tant bien que mal de dormir entre les secousses...) et quelques changements de taxis (on peut effectuer également de grandes distances avec ce moyen de transport), nous sommes arrivés tous les 3, bien courbaturés, à Rissani. Il était 6h30 du matin et la journée ne faisait que commencer !!!!
Rissani est une ville située à l'est de Ouarzazate et au sud est de Meknes. La région est très aride. Les cultures de légumes, de céréales et de fruits s'organisent en parcelles bien délimitées dans les palmeraies. A l'heure où nous sommes arrivés, des hommes et des femmes travaillaient depuis déjà quelque temps dans les champs, afin de ne pas subir les fortes chaleurs de la journée.
De Rissani, nous avons pris un taxi sur plusieurs dizaines de kilomètres. Un désert de rocailles s'étendait à perte de vue. Nous avons quitté la route principale pour emprunterun piste qui nous a mené... au bord des dunes de sable du Sahara (!) dans l'Erg Chebbi à Merzouga. Nous sommes descendu à une auberge nommée Tombouctou (c'est de cet endroit que les caravanespartaient pour Tombouctou, ville dans le sahara malien). Nous avons profité de ce lieu au bout du monde pour nous reposer de notre nuit bien fatigante.
Vers 16h, l'exitation était à son comble: enfin, nous allions toucher le sable du Sahara, marcher au "milieu de nulle part" et découvrir une richesse étonnante de la nature. Tandis qu'un groupe de touristes hollandais s'apprêtait à partir en dromadaires, nous avons serré nos chaussures, remplis nos gourdes, étalé la crème solaire sur notre peau blanche et nous avons quitté à pieds, la civilisation pour une escapade de deux jours dans le sahara... 3 heures (et des courbatures...) plus tard, nous avons assisté au coucher du soleil, au sommet d'une grande dune. Dominant les paysages de sable et de roches au loin, nous avons eu une petite pensée pour nos amis algériens en voyant la terre de l'Algérie qui s'étendait tout là bas...
Les berberes de l'oasis nous ont acceuilli chaleureusement avec le thé et le tajine. Le soir, nous avons contemplé les étoiles, allongés dans le sable sur un tapis traditionnel berbère. Instant magique....
5h du matin, levé du soleil, tout le monde debout !! Il faut profiter de la fraicheur du début de journée pour regagner la terre et l'auberge. Un petit vent carresse les dunes de sable qui brillent au soleil levant.... Nous avons beaucoup apprtécié ces moments de calme et d'impression devant ces étendues de sable, malgré la fatigue des longues heures de marche.
Puis nous avons quitté le sahara (ce sera pour une autre fois, in challah !!) et continué notre circuit touristique en nous dirigeant dans les gorges du Todras où nous avons passé la nuit chez un ami à Zakaria. Orininal: nous avons "planté" la tente sur le toit en terrasse de la maison, dominant la vallée et la palmeraie. Mais dormir sur le béton n'est pas très reposant !! A notre grande surprise qui avons nous retrouver en nous promenant? Les touristes hollandais rencontrés au sahara !!
Visite éclaire, le lendemain nous avons découvert les gorges du Dadès. Pour y accéder, nous avons emprunté en taxi une route magnifique (un peu cahotic !) où les maisons construites ern torchi (mélange de terre, paille et eau) se confondent avec les roches couleurs rouge. Nous avons fait une randonnée à travers les canyons asséchés, escortées par notre ami Zakaria. Nous avons quelque peu douté de notre gout pour l'aventure, lorsqu'il a fallu escalader les parois rocheuses un peu trop escarpées.... Petit frisson et grandes émotions !! Puis , nous sommes arrivés dans une vallée où la verdure était beaucoup plus présente.Grâce à une rencontre fortuite avec deux belges et un guide, nous avons été invités chez des berbères à boire le thé et manger de délicieuses galettes d'orge toutes chaudes, trempées dans du miel des montagne... Hummmm... Les deux touristes allaient passé la nuit chez cette famille qui vit isolée au rythme des saisons, cultivant sur le flan des montagnes arides et se déplaçant à dos d'âne.
Après avoir repris des forces, nous sommes repartis en direction de l'auberge, sous un coucher de soleil qui dessiait sur la montagne en face, les ombres des bergers, accompagnés de leurs moutons et de leurs dromadaires.

Aujourd'hui, mercredi, nous voici à Ouarzazate, à environ 90 km de Taddert. Nous rencontrerons cet après midi l'association de Développement de Taddert et continuerons notre projet, après des vacances éprouvantes (Le tourisme accéléré, ça use, ça use...!!). Ce sera aussi pour nous le moment de dire au revoir à Zakaria, notre compagnon de route depuis 3 semaines maintenant.

Nous vous remercions pour vos petits messages....
Sophie et seb: félicitation! on sera là pour fêter ça !!!
olivier, mon frérot: c'est bien d'écrire sur cette boite email. Bonnes découvertes de l'europe !! ok pour maman
vincent: merci beaucoup pour ton enquête !! aurais tu aussi l'adresse de clémence? je crois aussi que j'en ai une mauvaise... merci
manue et lucie: désolée pour les mauvaises adresses...voici maintenant des nouvelles en direct !! Sachez que vous étiez malgré tout présente dans mes pensées...
ben bocco: en quittant la maison berbère dans la montagne, Emilie demande: "isa, tu as pensé à la gourde? - c'est toi la gourde, répond isa... " Petite pensée pour notre ami...
pour la famille: on vous embrasse bien fort et on pense à vous ! Maman guellier: on a recu 1 mail d'olivier. Pouvez vous nous écrire seulement sur la boite paroles d'ailleurs?

dernier message pour quelques adresse: nous avons oublié notre carnet d'adresse complet... nous souhaiterions connaitre les adresses postales des personnes suivantes:
Myriam Zagouane, Nadia djebia, sam longchamp, yeyette, Armel oriol, guislene tete, martine guellier, telly, clémence henry. merci d'avance.
pour quentin: d'abord des bisous... ensuite peux tu regarder dans le répertoire de l'asso, il y a l'adresse postale du pole européen et mme fraboni de ddjs (défi jeune).


A très bientot pour de nouvelles aventures....
Isa et Milie


Le jeudi 03 juin 2004 :

Bonjour à tous !
Nous espérons que tout le monde se porte bien.
Notre séjour à Taddert vient de s'achever et a été riche en rencontre et en découverte sur le culture berbère.
Taddert est un petit village du Haut Atlas d'environ 600 habitants. Son organisation est originale puisque tous les commerces sont tournés vers la route nationale qui traverse le village et qui va de Ouarzazate à Marrakech.
De nombreux bus et véhicules de touristes s'arrêtent pour déguster un tajine ou marchander des trilobites de la région. Mais, leur passage souvent trop rapide, ne leur laisse pas deviner la vie qui existe en contrebas de la route.
Nous, nous avons eu le privilège de vivre au rythme du village, des mélodies des femmes aux champs, de l'appel à la prière et du soleil resplendissant.

A notre arrivée, Omar et Samir, de l'Association de Développemnt de Taddert, nous ont accueilli chaleureusement autour d'un traditionnel thé à la menthe.
Nous avons été hébergé par Omar, dans sa maison où 6 chenapans nous ont aidé à nous sentir chez nous : entre rires et jeux. Abdou Majid, 5 ans de malice et perroquet de service, a retenu une chose de notre venue : "C'est cool ma poule !!!"

Puis, nous avons rencontré Chto, la mère de Omar, qui a accepté souriante de nous livrer ses joies de grand-mère dans ce monde rural.
Nous avons plongé avec elle dans les traditions berbères.
Elle nous a notamment expliqué comment se déroule un mariage , avec les différentes étapes, de la préparation de la mariée à la nuit de noce.
Cet événement de pluiseurs jours est haut en couleurs par les somptueux costumes, les danses et les chants, le maquillage des mains au hénné ...
Nous nous sommes d'autant plus intéressés à cette fête que sa petite fille Myriam, avec qui nous vivions, allait se marier cet été.
De plus, Chto nous a conduit dans les champs de blé encore verts où les femmes ramassent de l'herbe pour les bêtes. Ces cultures terrasses en terrasse se dessinent devant des montagnes arides. Le paysage digne d'une carte postale contraste avec les travaux rudes executés par les femmes qui chantent en choeur pour s'encourager.

D'autre part, nous avons assisté à la venue au village de la 2ème chaine de TV marocaine. Les reporters étaient présents pour ramener des images des particularités des traditions berbères de Taddert. L'effusion au village était intense pendant 3 jours. Les femmes et hommes s'étaient mobilisés pour répondre à la demande des caméramans. Nous avons ainsi pu suivre la fabrication d'un tapis depuis la tonte au ciseau du mouton, jusqu'à l'achat par une touriste ...
Hé bien sûr, il fallait trouver des touristes sympathiques qui acceptaient de jouer le jeu. Emilie fut donc ravie de caresser un tapis et de faire semblant de le marchander sous l'oeil de la caméra, alors qu'Isa devait montrer de l'intérêt pour des pierres.

Sinon, hormis avoir joué les stars pour la TV marocaine ( petite pensée pour le Black Mick Mack du Cameroun !), nous avons eu la chance de faire une randonnée en compagnie de Samir et de Taib, a Tichka. Quelques paysages abruptes, vues ahurissantes sur une vallée verte, visite d'un petit village couleur terre se confondant avec la roche et découverte de chutes d'eau étonnante.

Maintenant, nous nous trouvons à Marrakech. Notre arrivée s'est faite en fin de matinée et la chaleur nous a assommées. La ville est animée et bruyante. Nous sommes dans un petit hôtel près de la place Djemaa el Fnaa, où charmeurs de serpents et vendeurs ambulants interpellent les passants. Nous avons pris le temps de visiter le palais Bahia qui semble sorti d'un conte des 1000 et 1 nuits.

Mais, nous ne nous attarderons pas ici, demain nous reprendrons la route pour Dakhla, sans faire d'escale à Agadir. 24h de bus nous attendent ... attention les fesses !
Nous ne savons pas encore très bien comment se passe le transport de Dakhla à Nouadhibou et il est possible que nous attendions quelques jours un convoi.
Nous arriverons à Nouadhibou aux alentours du 8 ou 9 juin et vers le 11 à Nouakchott.
Nous rappelerons un de nos proches d'ici là pour donner de nos nouvelles. Pour la famille et les chéris, vous pouvez nous contacter à partir du 12 juin chez Djibril.

Bises à tous Milie et Isa

Ps : - une petite pensée au p'tit bout de chou qui va bientot pointer son nez (t'as un beau pays !) . Bon courage Yonyon.
- Merde à tous ceux qui vont bientot ragagner les bancs pour des exams ou concours. Et encore plus de merde à Guigui !
- Les mails qui marche pas, essayez de nous renvoyer les bonnes adresses svp : bérengère perron, top graphic, clémence henry, camille du 4e .
- Telly : et ton adresse ??? sinon ça se sera au pif. Gros poutou poulette
- Quent-quent : merci pour tout t'es trop efficace et des bisous, tu devines de qui
- Djibril : on appelle ton frère quand on arrive à Dakhla le 5 juin
- Lolo fréro: plein de pensées pour toi
- Tatie ghislaine: merci pour tous ces encouragements, mais je crois bien que tu devrais venir au Maroc quand tu seras mamie
- Guislaine : youpi hourra pour le Canada
- Pour le 25 : continuer à boire des canons à notre santé !!!
- ADL : merci Lili t'es la plus forte des Vosgiennes


Le mardi 08 juin 2004 :

Nouadhibou, le 8 juin 2004

"Vos bagages pesent 28 kg. Vous avez donc un suplement de 8 kg à payer", nous annonce le guichetier à la compagnie de transport du Maroc, à Marrakech.
Ce qui nous a le plus étonné ce n'est pas tant le supplément, mais le poids de nos bagages. Nos maisons pèsent 14 kg chacune !
Cet épisode se déroule le vendredi 4 juin, il est 13h et nous attendons le bus pour Dakhla à la gare routière, devant 1 jus d'orange pressé. Après 2h d'attente (ici cela fit parti du quotidien et nous vivons avec en se laissant bercer par le rythme ), nous montons joyeuses dans ce bus de grand confort (c'est sérieux) que l'on ne quittera pas pendant 25 h de route tumultueuse et monotone.
Cependant, la route traversant l'Anti Atlas de Marrakech à Agadir, ville côtière, est superbe. Encore bien différent des paysages du Haut et Moyen Atlas, cette région serait aussi à découvrir... si nous restions encore quelques semaines! L'aventure nous attend et nous roulons toute la nuit en direction de Dakhla. La route cahotique ne plait pas aux intestins d'Emilie qui remplit douloureusement des sacs plastiques.... pendant que sa chère amie, Isabelle, dort !
Finalement nous arrivons le lendemain à destination, vers 16h30, après avoir traversé le Sahara Occidentale où la rocaille et le sable ne laisse place à la végétation.

Au barage policier à l'entrée de Dakhla, nous descendons du bus pour régler les lourdes formalités administratives. C'est là que nous rencontrons Tanya et Marcus, deux jeunes baroudeurs, de nationalité anglaise et Afrique du Sud, venus se renseigner des possibilités de rejoindre Nouadhibou, en Mauritanie. Comme nous, ils ne sont pas véhiculés et cherchent un moyen de se déplacer. Nous profitons de cette rencontre fortuite pour faire connaissance et nous leur proposons de se joindre à eux pour passer la frontière ensemble. Plus on est nombreux, plus il sera facile de trouver un véhicule à un moindre prix... Nous nous donnons rendez vous le soir à l'hotel où ils résident afin de faire connaissance et de discuter du trajet qui nous attend.
Nous remontons dans le bus qui nous attend, et continuons la route jusqu'au centre ville de Dakhla... le bout du monde!
Nous nous installons à l'hotel et nous reposons de la nuit fatigante. Après diner, nous rejoignons nos nouveaux amis qui se révèlent être de sacrès baroudeurs... Entre anglais, francais et arabe (!), nous arrivons à nous comprendre! Ils avaient eu des informations au poste de gendarmerie sur un éventuel départ le lendemain.
C'est parti pour l'aventure!! Nous ne savions pas encore comment il était possible de partir, mais la rencontre avec ces deux jeunes était une occasion idéale.
Le lendemain, au poste de gendarmerie à 9h, grace à un gendarme, nous trouvons rapidement un taxi qui est prêt à nous emmener jusqu'au poste des douanes de Guerguarat à 7 km de la frontière mauritanienne. Le meme gendarme nous garantit que nous trouverons là bas très facilement un véhicule pour arriver à Nouadhibou dans la journee. Quelle facilité dans les démarches!
... un peu trop de facilité... nous constaterons que le taximan glisse un gros billet dans la main du gendarme. Le "bakchiche" du désert ! Nous y passerons la nuit...
Trop tard pour faire demi tour, nous partons pour 3h de route, ne sachant pas ce qui nous attend au poste de douane... Malgré tout, l'ambiance est détendue dans la voiture: discussions avecTanya et Marcus, dégustation de dattes et écoute rêveuse de la musique gnaoua en admirant le paysage désertique qui longe l'océan.
Trois abris sortis de nulle part... Nous sommes au poste de douane de Guerguarat, sous le vent. Le taxi nous dépose, nous allons régler les formalités pour passer en Mauritanie et surtout nous renseigner sur les véhicules qui s'y rendent. Mais rien.
Après de très nombreux faux espoirs, toujours rien !
Il est 18h et dans 30 minutes la frontière ferme. Il est trop tard. Nous passerons la nuit au poste de douane de Guerguarat.
Heureusement, Moustafa le douanier et son collègue ( ayant étudié à Grenoble) s'occupent gentiment de nous quatre. Pastèque, abricots, thé, matelas, abris pour la nuit et amitié nous sont offerts. Les discussions vont bon train et l'attente passe vite dans cet endroit isolé où les difficultés de vie (pas d'eau, pas d'électricité, pas de téléphone et pas de famille) amènent à la philosophie...
Le lendemain, le soleil se lève sur quelques véhicules arrivés de bonne heure pour passer la frontière. Et là, le 4x4 de Zidane (attention, pas le joueur de foot !) ... Il accepte de nous emmener tous les quatre à Nouadhibou, moyennant une somme bien négociée. Enfin, nous allons jouer les bouteilles orangina sur la piste de sable ( secouez sinon la pulpe elle reste en bas... !).

Nouadhibou. Notre mission : trouver des Ouguiya, monnaie mauritanienne. Notre problème: bureaux de changes et banques fermés. Notre priorité: manger ! Relativisons, nous nous installons dans un petit resto sénégalais (grande influence sénégalaise), et nous nous arrangeons grâce à quelques mots de Wolof (langue nationale du sénégal) bien placés par Isa. Finalement nous règlons temporairement nos problèmes de sous en changeant rapidement quelques euros (...) . Nous quittons nos compagnons de route: "à bientot, Inch Allah !", et téléphonons à Oumar, notre contact à Nouadhibou. Encore une fois, nous sommes accueillies dans la plus grande hospitalité et nous nous reposons de ces jours mouvementés.

Aujourd'hui, nous allons découvrir la coopération espagnole où travaillent nos collocataires de quelques jours, ainsi que le cap blanc à 10 km de la ville. Demain, nous prendrons le train, le plus lent et le plus long du monde, jusqu'à Choum, puis direction Atar, Chinguetti, et l'oasis de Terjit. Nous arriverons le 13 ou 14 juin à Nouakchott chez Djibril (pour téléphoner).

A notre actif: 92h30 de route ! On comptabilise...

Bises à tous
Isa et Milie

messages:
Bonnes fêtes à nos mamans chéries (mieux vaut tard que jamais...)
Frérot Raphael : entraines toi pour pouvoir surfer sur les dunes de sable !!!
Frérot Guigui: vas-y, fonce, t'es le plus fort et encore pleins de merde pour ce bac de merde...
Djibril: on arrive dimanche 13 ou lundi 14 juin
Sam: On pense très fort à toi, dans un mois tu seras vraiment très grande !
So et Seb: on est bien accueillies... parce qu'on est très polies !! Vivement septembre pour faire la fête tous ensemble avec le petit loulou .
Si vous voulez des cartes ! besoin des adresses: telly (grosse quiche réveille toi !), Flo, les Tarek, les Lamazouade, Arno Barat


Le mardi 15 juin 2004 :

Salut à tous !!

Nous espérons que vous allez bien et que les nombreux d'entre vous qui ont du subir exams ou concours, ont bravé brillamment ces dures épreuves.
De notre côté, le voyage se poursuit dans des chaleurs parfois très intenses. Mais, reprenons notre récit...

Il était une fois... Nouâdhibou, une ville ventée où Oumar et Cissé nous ont accueilli chaleureusement et nous ont fait découvrir leurs actions dans le domaine du développement. Travaillant tous les deux à la coopération espagnole, ils nous ont conduit dans le tout nouveau centre de développement communautaire. Cette structure a été mise en place après une enquête de plusieurs mois sur les besoins réels de la population. Ces deux professionnels du développement, très qualifiés, et ayant une grande expérience du terrain, nous ont rappelé qu'il était bien dommage que les échanges d'expériences se fassent essentiellement du Nord vers le Sud. En effet, leurs méthodes d'animation participative pourraient être adaptées dans les quartiers français dits "sensibles", comme nous l'a confié Oumar.
A quand un échange Nord / Sud, Sud / Nord égalitaire ?
Ce voyage est un enchainement de découvertes et de prises de conscience !!

Revenons à nos dromadaires !! Nous avons quitté Nouadhibou le mercredi 9 juin par un des trains les plus lents, les plus longs du monde et certainement un des plus secouants. L'immense machine arriva sur les rails et vint poster ses 2 km de wagons devant les voyageurs patientant sur le sable. Ce train est destiné à transporter du minerais de fer de Zouerat à Nouadhibou dans 200 wagons. Seulement 2 compartiments sont destinés aux voyageurs.
Le train s'arrêta dans un terrible vacarme et là, sous nos yeux ébahis, tout le monde se pressipita sur les portes d'entrée des wagons. Des femmes, à moitié écrasées, poussaient désespérément pour tenter de monter dans le train, tandis que des sacs passaient au dessus des têtes et des enfants par les fenêtres. Un mauritanien nous conseilla de faire de même si nous espérions partir pour Choum. Ok ! Un sac sur le dos et un devant, nous avons fait notre place dans cette foule bruyante. Milie réussit à passer tant bien que mal, tandis qu'Isa était en train de se faire broyer la jambe contre la porte et de basculer en arrière ! Finalement, nous sommes parvenues après quelques gesticulations, à pénétrer dans le wagon. Et là... il était presque vide ! Hallucinant ! Apparemment, le court arrêt du train expliquerait ce désordre violent.
Assises sur un des deux bancs en bois installés sur la longueur du wagon, nous nous remettions de nos émotions et partions pour 10 heures de trajet.
Des femmes, installées à même le sol dans leur "melfa" colorés (long tissus légé dans lequel elles s' enroulent somptueusement) berçaient des enfants. Des hommes préparaient minutieusement du thé malgré les chaos de la voie ferrée. Le restaurateur, accroupi au fond du wagon, proposaient des sandwichs, des gateaux s'offraient ça et là et les discussions allaient bon train. La nuit tomba sur le paysage désertique de dunes et de rocailles que nous traversions. Le wagon s'organisa. Des bougeoirs de fortune (bougie dans une bouteille plastique bricolée) furent fixés au plafond. Une atmosphère magique se dégageait de cette lumière tamisée. Nous n'avons pas fermé l'oeil de la nuit, nous méfiant de voleurs potentiels (qui furent absents !). Après avoir discuté, mangé, il ne nous restait plus qu'à... chanter ! Mais , lorsque Milie entonna, à la demande de nos compagnons de route, l'air de Titanic, le naufrage fut proche ! Le train bruyant semblait prêt à basculer.
Arrivées entière à Choum à 1h30 du matin, il nous fallait trouver un 4x4 pour aller jusqu'à Atar. Ce n'est qu'à 9h du matin que nous sommes arrivées à un sympathique auberge où nous avons pu sombrer dans le sommeil. Se trouvait là aussi d'autres voyageurs: Marcus et Tanya que nous retrouvions (avec qui nous avons franchi la frontière mauritanienne), Cédric (français), Cavin (australien) et Joris (un belge à vélo descendant jusqu'en Afrique du Sud: encore une histoire de belge ! Si vous voulez en savoir plus: www.avec-papiers.be ). Avec cette fine équipe, nous avons fait 2 excursions. L'organisation n'a cependant pas toujours été facile, chacun voyageant à sa manière. nous sommes allés à Chinguetti, considérée comme la 7ème ville sainte de l'Islam sunnite et passage de caravanes à l'époque du commerce trans- saharien dès le 7ème siècle ( elle pouvait voir passer jusqu'à 32 000 dromadaires en 1 seul jour !). La température atteignait 45 ° et chaque mouvement devenait un véritable effort. Notamment lorsqu'il fallut s'aventurer dans les toilettes mauritaniens traditionnels: lacer ses chaussures, monter des escaliers, se stabiliser sur 2 poutres écartées pour ne pas tomber dans... , faire ce que l'on a à faire, en équilibre, et regagner la terre ferme. Sympathique, surtout avec des problèmes gastriques... Nous avons d'ailleurs découvert les remèdes locaux à base de plantes, efficaces !
Le lendemain, nous avons passé la nuit à Agni, près d'Azougui et à prximiné d'une palmeraie. La famille de Mohammed nous a accueilli dans ses cases arrondies, certaines construites en pailles juste pour le temps de la guétna ( la cueillette des dattes de juin à aout ). La chaleur étant lourde, nous avons dormi à la belle étoile sur des nattes, et non loin des scorpions et des vipères des sables. Mais , il n'y eut qu'Isa qui eut la chance (?) de voir un scorpion.
Après ces 4 nuits dans la magnifique région de l'Adrar ( à voir ! falaises, dunes, passes rocheuses... ), nous avons quitté le groupe de l'auberge pour Nouakchott, la capitale du pays. La route s'est révélée très fatigante, dans une 505 transportant 10 personnes et crevant en raison de la chaleur. Nos fesses endolories n'ont été calmées que par l'écoute de Bob Marley !
Nous sommes arrivées hier soir et avons été accueilli par Djibril et sa famille où l'on écoute Zebda et du rap français. Citadin par obligation, cette famille n'en reste pas moins nomade du coeur et c'est sous une tente (Kheïma) que nous avons passé notre première nuit.
Après notre lessive hebdomadaire et notre tour au "cyberthé" ( petite explication: le thé, très présent dans le quotidien des mauritaniens, est bien différent de celui du maroc. On le sert à trois reprises: le 1er fort, amer comme la vie; le 2ème sucré comme l'amour; et le 3ème suave comme la mort...), nous nous préparons à rencontrer demain la grand mère de la famille et nous remettre au travail.

Pour la famille et les chéris: vous pouvez nous joindre chez djibril jusqu'au 24 juin.

A très bientôt

Isa et Milie

ps:
Khadim: pourrais tu nous acheter 1 boite de savarine, et la donner à Sam quand tu récupères les cados et elle te remboursera
Anne: Bon Anniversaire à ma soeur chérie d'Amour... avec un peu d'avance !
papa desurmont: tu m'écris pleins de mail parce que tu m'aimes (version Isa) ou parce que tu fous rien au boulot? (version Emilie !)
jojo le soleil: ok, on passera à la pouponnière vers le 20juillet
telly: on ecrit toutes les deux. Mais pour ton autobiographie, je peux m'en charger, suffit de négocier les tarifs...
nadia: ça fait plaisir d'avoir de tes news et félicitation pour la licence !
kent kent: merci beaucoup . Pour la photo, si possible une de nous 2 amusante.
sam: alors t'en es où ? Dans 15 jours on se fait une bouffe à tiambé !! On pense bien à toi.
Joris: l'adresse de Willy pour les contacts en afrique: contact@afric-impact.org
Maia: merci pour les potins du coin !!
famille guellier: fini la constipation !! vive le rhume !! bises
l'équipe qui gère l'inscription d'Isa en fac: merci beaucoup vous êtes les meilleurs et pleins de poutous à tous ! vive la solidarité !

 

Le jeudi 22 juillet 2004 :

Merci pour les très nombreux mails qui nous ont faits plaisirs ! Nous sommes arrivés à Thiambé, village au nord est du Sénégal, non loin du fleuve, le 3 juillet. Avant notre départ de Boghé - Mauritanie- nous avons eu la chance d'assister à un marige Peul qui a duré 3 jours. Le premier soir, nous avons été conviées à une grande cérémonie. Perdues dans nos boubous de 3 mètres d'envergure, nous avons rejoind les invités en prenant soin de ne pas nous entraver dans nos pagnes. Nous avons été impressionnées par l'élégance des femmes habillées de somptueux boubous multicolores et tressées spécialement pour l'occasion. Le Mbalax, musique sénégalaise, rythmait la soirée. A la porte se tenait les demoiselles d'honneur (amies de la mariée ) qui accueillaient les nombreux invités. Tout à coup; les regards se sont tournés vers la porte d'entrée et là, est apparue la mariée habillée d'un boubou traditionnel peul et coiffée comme le veut la coutume, avec une mèche de perles devant le visage. Le mari accompagnait sa future femme, vétu d'un immense boubou marron. Leur entrée fut grandiose et impressionnante. Après avoir mangé un plat à base de viande de boeuf, tout le monde est reparti chez lui. Bref, un grand marige qui a demandé d'égorger 8 vaches pour nourrir tous les invités durant les 3 jours.                     Samedi 3 juillet, nous avons quitté la famille Gueye, un petit noeud au ventre, pour continuer notre périple au Sénégal. C'est en traversant le fleuve Sénégal en pirogue, sans moteur, que nous avons franchi la frontière. De l'autre coté de l'eau, une charrette nous attendait. Après un controle de papiers rapide (ou il fallut dicter nos numéros de passeport à un policier myope), nous avons chargé la charrette et nous nous sommes installées. En route !!             Clap, Clap, Clap ! Les sabots du cheval frappaient la terre sèche. Boum, Boum, Boum ! Nos fesses tambourinaient la charrette. Autour de nous, un paysage désertique, quelques arbres éparses, des oiseaux bleus discos ... A la traversée d'un village, nous avons apercu 5 petits bonhommes vetus d'un boubou blanc avec une capuche, qui marchaient en canard : ils venaient de se faire circoncir ( aie,aie,aie !!!!). Les autres enfants, ont couru vers nous pour nous saluer. Pendant plusieurs kilomètres, les troupeaux de vaches (qui n'ont rien à voir avec nos vaches francaises dont les cornes sont ridicules comparées à celles que nous avons rencontrées) étaient parfois le seul signe de présences vivantes sur cette terre aride.            Pendant ce trajet, nous avons tenté de savoir (en demandant au charretier)comment nous allions continuer ce périple en sachant que nous avions deux autres fleuves à traverser ... avec la charrette !!! Mais nous n'avons jamais réussi à avoir une réponse tr-s claires ... Enfin, nous avons été ébahies devant le numéro d'équilibriste des piroguiers sénégalais qui ont fait traverser la charrette sur leur embarcation. Le cheval nageait à coté... Les fesses engourdies, nous sommes arrivées à Dodel, ou il nous fallait trouver un véhicule pour aller à Thiambé. Justement, un Diague N'Diaye, superbe camionnette de 30 places avec des banquettes synthétiques favorisant la transpiration excessive, et roulant à au moins 50 km heures, nous attendait. Bref, 150 kms ou 6h30 plus tard (!) nous sommes arrivées à Thiambé ou Dra Aw nous a recu.          Il nous a emmené chez lui : une immense cours avec de grands arbres sous lesquels des jarres d'eau fraiche sont conservés. Il y a aussi des petites paillottes ou on vit la journée et dort la nuit. Il ya 5 habitations: pour les 2 femmes du grand père, les 2 femmes de ses frères décédés, pour Dra et sa femme et bien sur pour tous les enfants et petits enfants. C'est une grande famille ou plusieurs génération se cotoient. Une ambiance vivante ou chacun vaque à ses occupations: les femmes s'affairent aux taches ménagères et à la cuisine, les jeunes bricolent toujours quelques choses ( cordonnerie, couture, pirogravue ...) et le grand père s'attache à respecter scrupuleusement toutes les prières et biensur taquine ses petits enfants.      Sam, une amie de Grenoble venue nous rejoindre, est arrivée épuisée mardi 6 juillet au soir, après 12 h de transport depuis Dakar. Trajet fatiguant, mais heureuse d'etre Thiambé et de se retrouver. Pour son arrivée, Dra nous a demandé ce que nous voulions manger le soir: poulet, boeuf ou mouton ? Nous étions sur le marché et les étales de viande s'offraient à nos yeux... "Du poulet !!" avons nous répondu en choeur. "Attendez moi ici, je reviens ..." nous dit Dra. Effectivement, quelques minutes il est revenu, tenant dans ses mains 2 coqs vivant, la tete en bas. Heureusement qu'on ne voulait pas manger du boeuf !!!!!!!!!!          Nous sommes promenés dans la brousse autour du village en compagnie de Dra. Il nous a montré les champs des villageois dont les cultures de mil et de haricots commencent en ce moment avec l"arrivée des pluies. Nous sommes aussi allés à Matam, pour nous promener au bord du fleuve Sénégal. Là nous avons eu l'agréble surprise de nous faire controler par  la police des étrangers. Dommage, nous n'avions pas nos passeport ... Il a roulé des mécaniques et nous a dit que nous finirions au poste et nous a laissé poiroter... Finalement, il a vu que nous n'etions pas des vilaines méchantes et nous a laissé repartir.      Coté boulot, nous avons été efficace et Idrissa, le grand père de la famille de Dra, s'est vraiment investi. Nous avons beaucoup appris sur l'organisation d'une famille polygame, la vie au village, la situation des tirailleurs sénégalais ayant combattu pour la France (il était un de ceux là), les traditions peuls et la vie aux champs ...       La veille de notre départ, une fete traditionnelle a été organisé au village en notre honneur : défilé de costumes traditionnels Peuls et Toucouleurs. Pour l'occasion, on nous aproposé d'assister à l'égorgement d'une chèvre, le repas du midi. Nous avons décliné l'invitation car cela faisait 2 jours que la biquette nous tenait compagnie dans la cour. Notre séjour à Thiambé a vraiment été agréable, nous étions de vraies villageoise, rebaptisée Ndiabel, Oumou et Awa, de la famille Hanne. Nous avons rencontré nos homonymes qui étaient ravies que l'on porte leur prénom.               Le lundi 12 juillet, à 5h30 du matin, nous avons quitté le Fouta (région de Thiambé). Surprise, le chauffeur fut meme en avance !!! Encore une fois les fesses en miettes, nous sommes arrivées à St Louis, vers 12h. La, Isa a réussi a retrouver les paillottes au bord de la plage ou elle était passée l'année d'avant. Ouah ! Quel sens de l'orientation ! Bref, nous avons regagné un coin de paradis, les pieds dans l'eau, pour quelques jours de vacances. Au programme : poisson braisé, visite de l'ancienne capitale de l'Afrique Occidentale francaise, baignade, visite de parc de la langue de barbarie en pirogue et discussions intéressantes avec Nice Cool, notre pote de la paillotte. Et tout ca bien entendu avec notre amie Sam et sa bonne humeur !!! Nous repartons pour Thiès pour retrouver la famille Diouf, à la grande joie d'Isa, jeudi 15 juillet. Pour la famille et les chéris, joignez nous sur le portable de Jackie (la copine de Baye More, le frère de Zale) au :  00 221 535 59 87 Grosses bises à tous Milie et Isa Messages personnels : Joelle: on sera à Thies à partir du 16, on passera sur Dakar avnat que tu partes. Peux tu nous donner un numéro de tél pour te joindre. Bon courage et profite bien. Khadim : on arrive, jeudi, je vous appelle avant Caro Fournier : y a no problème, on prendra le temps de discuter, pendant des heures s'il le faut. Mais faire la traversée Maroc Mauritanie Sénégal, en 3 semaines ca vaut vraiment pas le coup car vous allez faire que de la route et pas avoir le temps de profiter. Je te conseille de faire un seul pays. Je peux te filer des contacts si tu veux. Yéyette :  je pense bien a toi et j'espère que tu t en sors dans ton stage Nadia : on te garde les détails croustillants tel que les animations musicales derriere les rideaux Gora : Bon courage pour le boulot et pleins de bisous à vous deux. Am: on a vu la famille et ton village ! Ca nous a fait bien plaisir Oumar : reste un afro-optimiste, nous on devient des mondialo-optimistes ! Sam : et sinon, comment ca se passe le voyage ? J oris : Nous sommes à St Louis, au camping Diamono, mais personne n'a vu un belge à vélo, tu es surement parti. Telly : c'est cool pour la fac et l'appart, manque plus que le boulot et tu seras une femme accomplie ! Je serai ravie de venir chez toi et de rencontrer tes voisins silencieux ... Bisous plein Frérot Oliviier : Bonne fete ! He oui c est pendant les voyages que le passé ressurgi, je ferai mon possible pour te ramener une patte de poulet en souvenir du bon vieux temps. Profites de tes derniers mois en Autriche.Bises Lucie : mercipour les potins du coin, je savais que je pouvais compter sur toi !!! Fadhela et laurent : en espérant que votre voyage au maroc s'est bien terminé, merci pour le petit message et à beientot Cristel : allez tiens le coup ma belle, c'est bientot les vacances. Un grand bonjour à Roberto Pauline : félicitation pour Hugo. Je suis tres contente pour vous, je vous embrasse tous les deux. Zakaria : continue à fond sur tes projets et merci pour les nouvelles de Mr Moustapha, ca nous a vraiment fait plaisir.

Le mardi 13 juillet 2004 :

Thiès, le 22 07 04            Bonjour à tous !  deuxième tentative ........... arrrrrrrrrrrrrrrrrr vive la senelec (edf senegalais) Bon ok, c'est vrai que nous ne sommes pas très futées de ne pas avoir sauvegardé...            suite de nos vacances à St Louis. Hummmm... le soleil, la plage, le poisson braisé, il ne manquait plus que les cocotiers. Nous avons pris le risque de faire une sieste à la plage. Risque important, car un gars nous a gentillement averti que des aveugles errant sur la plage marchaient régulièrement sur les jeunes filles allongées sur le sable. MMmm d'accord !!!!!             Nous en avons aussi profité pour visiter St Louis, ancienne ville coloniale construite sur une île, où les maisons jaunes et orangées rappellent celles du sud de la France. Cette ville est classée au patrimoine mondiale de l'UNESCO.             Sur une journée, notre guide Nice Cool nous a conduit à la réserve de Guembeul où nous avons aperçu des singes, gazelles et tortues géantes !  Puis nous avons sillonné en pirogue le parc de la Langue de Barbarie  sur le fleuve Sénégal où vivent pélicans, cormorans et des espèces de mouettes (!). L'embarcation nous a déposé sur une plage déserte entre le fleuve Sénégal et l'océan. Nice Cool avait tout prévu: poisson, riz, frites, oignons,thé... le tout cuit au feu de bois. Une bonne régalade, mais il avait surévalué la taille de notre estomac: nous aurions pu en faire profiter 10 personnes. Après une sieste à l'ombre des arbres, nous sommes allées à la course poursuite des crabes, qui faisaient les beaux à se dorer sur la plage. Après avoir mouillé notre nuque avec précaution (vous voyez comme on est sérieuse...) nous avons plongé comme des sirènes entre les petites vaguelettes.                            Le soir venu, Joris (le belge à velo rencontré en Mauritanie) et Tanya (l'anglaise en vadrouille) nous ont rejoind pour passer une soirée au rythme des djembé. Isa a retrouvé des gens rencontré l'année dernière de l'association  sénégalaise "And Taxawu Talibé" (venir en aide aux talibés) . Nous avons discuté  des actions et des projets de l'association qui a de nombreux partenaires en Europe. Les conditions de vie des talibés est une problématique très complexe au Sénégal. Les talibés sont des enfants envoyés par leur famille pour vivre chez un maitre coranique ( personne appelée marabout et qui enseigne le Coran aux enfants). Or , certains marabouts peuvent accueillir entre 50et 100 enfants qui doivent se débrouiller pour trouver à manger et ramener chaque jour de l'argent au marabout. Les problèmes de la mendicité, de l'hygiène de vie, de la maltraitance et de la descolarisation de ces enfants se posent. Le concept de talibé est ancré dans la société et demande une grande subtilité à l'association pour agir.                        Couchées bien tard, levées bien tôt ! Le 15 juillet à 5h du matin, le taxi était en avance ! Nous avons vite plié bagage et hop !  direction la gare routière pour prendre un véhicule pour Thiès (2eme ville du pays, mais très aérée et agréable). Nous sommes arrivées plus tôt que prévu à destination et avons trouvé la famille Diouf (famille de Zale) à leur réveil. Pour Isa les retrouvailles ont été  très émouvantes, grandes embrassades et larmes, et par solidarité, Emilie et Sam ont eu du mal à retenir leurs petites larmes. Pour résumer, tout le monde, ou presque, pleurait ! Accueillies comme des filles de la maison, nous avons pris notre place au sein de cette grande famille. Nous vivons avec la mère, ses deux fils, ses deux filles et 10 de ses petits enfants.  Les petits mettent l'ambiance, Isa parfait son Wolof (langue nationale du Sénégal) et Emilie et Sam répètent des phrases dictées par Fatim (6 ans) dont il vaut mieux taire le sens. Nous suivons toujours avec passion notre série favorite "Secrets de famille". Sam est toujours contre l'idée de venir admirer un scénario construit avec une intrigue croustillante. D'ailleurs nous sommes révoltées qu'Héléna n'ait pas eu le cran de révéler à Pédro, après tant d'années (...) que Camila était sa fille.                        Nous nous sommes lancées dans le stylisme et avons amené nos modèles à un tailleur pour qu'il les réalise. Mais , nous nous sommes un peu inquiétées quand il nous a mesuré et qu'il a annoncé à Sam: " 35 cm de tour de taille". Le tieboudienne (plat sénégalais) c'est apparemment mieux que Slim Fast régime minceur... On attend de voir si on va rentrer dans nos vêtements.... suspens...                   Dakar, la capitale, escapade de 3 jours dans la pollution et le bruit. Bon d'accord, il y a quand même quelques coins sympas, que nous n'avons pas manqué de visiter. L'ile de Gorée, patrimoine mondial de l'UNESCO,a été notre première destination. Ilot paisible où vivent de nombreux artistes peintres et sculpteurs. Mais l'ile de Gorée est surtout le symbole de l'esclavage en Afrique noire. La maison des esclaves avec la "porte du voyage sans retour", donnant sur l'océan, est la mémoire de ce commerce macabre pratiqué pendant plusieurs siècles. Une exposition explique les conditions de détentions, les traitements infligés, l'histoire du commerce triangulaire et témoigne de ce crime contre l'humanité pour que l'on ne l'oublie pas.                  Beaucoup plus farniente et baignade, l'ile de Ngore, accessible en pirogue, a été notre deuxième destination. Un petit coin de paradis paisible à quelques brasses de l'agitation de la ville. Nous avons passé de très bons moments en compagnie de Khadim et de Idi qui nous a accuielli à Ouakam, quartier de Dakar, dans la famille de Amadou Hanne                  En fin de journée, nous sommes allées à la recherche de Joelle, une collègue de travail à Grenoble d'Emilie. Elle est volontaire dans la pouponnière des soeurs franciscaines dans la Médina de Dakar. Sans adresse ni numéro de tel où la joindre, nous avons tournées dans les rues, accompagnées d'une volontaire belge, avant de trouver l'auberge "les filles unies". Nous avons rencontré la minorité catholique du Sénégal. Joelle nous a raconté son séjour dans la capitale. Il a été difficile pour elle de s'acclimater à la vie oppressante de Dakar.                  Le lendemain, direction le musée IFAN des cultures de l'Afrique noire. On a découvert de magnifiques masques, scènes de vie traditionnelles de différentes ethnies, objets utilisés lors de rituels... Une exposition temporaire avec des figurines en terre retraçait l'histoire de l'esclavage. Cette sortie culturelle s'est cloturée par une dégustation de "Biskrem", délicieux gateaux industriels fourrés au chocolat fondant. hummmm...                     Bon allez, Dakar c'est fini, on rentre à la maison... à Thiès !! Direction la gare routière à l'heure de pointe. Vive les embouteillages et les pots d'échappement des Diague N'Diaye à hauteur du visage ! Enfin, après avoir semé des énergumènes voulant absolument nous vendre une place pour St Louis, nous avons trouvé un 7 places pour Thiès (voiture 504 break à  7 places ). Là, un véritable supermarché ambulant est venu se coller à nos fenêtres. Nous avons vu défiler sous nos yeux:brosses à dents, bananes, pommes, réveils, calculatrice, montres, cirages, oeufs, gateaux, coussins, éventails en plastiques, bagues, pinces à épiler, torches, eau fraiche, poste radio, volants de voiture, poudre anti cafards, superglue, chaussures, essuie glace, slip, serviettes ... En 3 secondes chrono, plus vite que la Redoute... !!                           Nous avons enfin retrouvé toute la petite famille à Thiès pour notre plus grande joie. Nous resterons ici jusqu'au 3 aout. D'autres sorties touristiques sont au programme: Sine Saloum, Touba ... Coté boulot : nous nous y sommes remis aujourd'hui. Nous travaillons avec Sokhna, la mère de la famille Diouf. On vous tient au courant pour la suite du travail. Gosses bises à tous. Bonnes vacances pour les vacanciers et bon courage pour les travailleurs !! Isa et Milie Messages perso: Priscille et Camille : Ouahou !! On ne s'y attendait pas de si tôt ! Félicitation, tous nos voeux de bonheur. On pensera très fort à vous. ADL: Alors, il parait que Nico danse le Mbalax ?! Isa est prise en licence pro à bdx. Pour la colloc'... je crois que ça va pas etre possible... mais pour du voisinage pas de probleme !! bises de nous 2 à vous 2 telly : c'est qui anthony? Il ne m'a pas marqué ! Félicitation pour ton DESS. Bon courage pour le boulot. Bonnes vacances à bali. poutou. Bonjour d'Emilie Vivis et Lama : Bonnes vacances et pleins de bises. Juju: est ce que tu serais intéressé d'avoir un correspondant sénégalais (un neveu à Zale qui a pas loin de ton age.) Dave : Merci pour les news Flo : no stress, cool girl, si on ne te comprend plus en France, essaie le langage de la Belle Verte, avec les pieds dans l'eau ....! Ben et Cèc: Félicitation Tonton et Tata. Cèc Thiès t'envoie un grand Salam alekoum ! merci pour les nouvelles. Bises à vous 2 ... et dites à Jacky de baisser MFM, on l'entend jusqu'ici  ! Audray et Chris : félcitation Audrey pour le BTS et bon vent à Chris en Espagne. Djibril : t'as le bonjour de Sam. Bonne chance pour ton voyage en France. Bises Laetitia Cuvelier: Merci pour ce gentil message plein d'humanité. famille Desurmont du Nord : merci pour les nouvelles et bonnes vacances à vous. Yeyette : Félicitation pour ton DESS. T'es la plus forte. Bisous Valérie du GRAD : on espère bien ramener quelque chose d'intéressant et on espère te raconter nos aventures de vive voix. Un grand bonjour de l'Afrique. Frérot Raphael : bon courrage pour le Maïs... tu l'auras ta guitare ... et ta carrière de star !! Bises à tous ceux qui vivent sous le toit des Guellier

 

Le dimanche 1er août 2004 :

Thiès, le 1er aout            Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien et que les vacances se passent bien pour les petits veinards. Nous sommes à Thiès pour encore une nuit et demain nous prenons la direction pour Dakar. Là, nous trouverons normalement un bus à destination de Kayes au Mali. Autant vous dire qu'encore une fois on va gravement aligner des heures de bus. Mais, on est rodée ... enfin presque !        Depuis Thiès, ou nous aurons passé en tout 17 jours, nous sommes partis pour le Sine Saloum. En route dans le taxi clando de Doc, un voisin, la première étape a été Joal Fadiout. Le paysage sur la route est très différent: des forêts de Baobab qui accueillent quelques palmiers très hauts et à peine touffus. Une forêt de baobabs est étrange car elle est très clairsemée vu la taille de cet arbre. Leurs branches étranges et sinueuses les humanisent, on croirait parfois voir de grands bonhommes qui lèvent les bras au ciel, ou se courbent devant vous pour vous laisser passer.          Arrivés à Joal Fadiout, nous avons découvert (redécouvert pour Isa : la guide officielle qui attend toujopurs sa paye)une ile de coquillage. Joal est sur le continent et est relié à l'ile de Fadiout par un immense pont en bois pour piéton, et apparemment aussi pour les ânes et chevaux vu les oeuvres d'art odorantes que nous avons croisé. Détail croustillant n'est ce pas ...?? Bref, l'ile de Fadiout est peuplée à majorité de catholiques, nous sommes d'ailleurs arrivées à la sortie de la messe dominicale. Mais une mosquée est aussi présente sur l'ile : une cohabitation religieuse apparemment réussi sur un si petit espace. Un autre long pont en bois, sur lequel il faut veiller à ne pas se prendre les tatanes, mène à un cimetière sur une autre ile de coquillages catholomusulman (nouveau mot ). Les mangroves sont toutes proches et nous avons fait une ballade jusqu'à un baobab ou nous avons soufflé.          A notre grand désespoir de ne trouver à manger en ce lieu, nous sommes partis pour continuer notre exploration de la région. La piste menant jusqu'à Ndangane est très difficile et nous aurions pu décerner la palme du champion tout terrain à notre chauffeur dont la boite de vitesse sautée régulièrement. A peine arrivé, des traqueurs de touristes nous ont sauté dessus et nous ont conduit à un snack, ou nous avons pu enfin nous rassasier. C'est là que Jimmy Hendrix a fait son entrée triomphale ...   La particularité de ce Jimmy Hendrix est qu'il joue de laguitare sur une pirogue. Ca pourrait paraitre très romantique, mais quand ca se passe après son apéro c'est cacophonique. Cet embobineur de talent a réussi à nous embarquer sur sa pirogue à petit moteur (détail d'importance car l'essence coute moins chère !!) après maintes négociations. On s'en est pas trop mal sorti sur le tarif. Nous voila sur l'eau, à l'embochure du Sine et du Saloum, glissant entre les palétuviers. Les commentaires redondants de notre cher JImmy on mit de l'animation dans l'embarcation : "Alors vous voyez, ce sont des filets à crevettes, on s'en sert comme ça et blablabla" (annoncé à chaque filet de crevettes rencontrés ... et ils étaient nombreux). Il n'avait pas emmené sa guitare, mais le show était de la partie. Les yeux écarquillés, nous l'avons vu oté son pantalon : séance streep- tease. Ouf, il s'est arrêté avant de tomber le caleçon !!! Mais ce que nous ne savions pas c'est qu'il avait prévu une autre animation ... Il tenait absolument à ce que nous photographions l'envol des pélicans, donc il a sauté dans l'eau (qui n'était pas profonde, ne vous inquiétez pas !) et a couru après les oiseaux sur un banc de sable nous montrant les pélicans du doigts. Il avait l'air heureux et nous des spectateurs amusés. Conseil pour les futurs touristes du Sine Saloum, si vous croisez Jimmy pour une excursion, éviter l'après apéro !!!!           Quelques jours après ces grandes émotions, nous sommes allés à Touba (ville que chante MC Solar dans son dernier album). IL s'agit de la ville sainte des mourides, une des confréries musulmanes du Sénégal dont le chef spirituel est Cheikh Ahmadou Bamba.Chaque confrérie a des pratiques et des recommandations particulières. Touba est presque un état dans l'état, puisqu'elle a des lois particulières: il est interdit de fumer du tabac et autres ou de boire de l'alcool. Les habitants ne paient pas l'eau et les titres fonciers sont donnés. Mais , c'est surtout son imposante mosquée recouverte de marbre rose qui symbolise Touba. Camouflées dans un grand Boubou et les cheveux couverts d'un voile, nous avons visité pieds nus, comme il est indiqué, cet édifice religieux. Certes, nous n'avons pas eu accès à toutes les salles de la mosquée, mais nous avons vu les tombeaux de certains Khalifs et la grande bibliothèque avec les très nombreux ouvrages écrits de la main de Cheikh Ahmadou Bamba. Ce lieu dégageait une atmosphère très particulière. Après avoir marché un moment sous une chaleur de plomb, nous avons apprécié un bon Yassa dans un p'tit resto-bouiboui.           Nos journées à Thiès sont rythmées par l'ambiance très vivante de la maison. En effet, une dizaine d'enfants, ça ne laisse pas le temps de s'ennuyer, surtout quand se sont de sacrés numéros. Ils jouent au foot devant la maison, d'autres aux cartes, les filles préparent à manger et il y en a toujours un au moins à nos côtés. Et les mamans qui veillent sur ce petit monde avec dynamisme. C'est la grande famille africaine !!! En ce moment il pleut beaucoup, l'hivernage bat son plein, mais n'interrompt pas les séances de lessive de Rokhaya et de Fatou dans la cour de la maison. Elles sont alors aussi trempée que leur lessive. Awa, elle, une grande cuisinière, fait son petit commerce de Fatayas ( friands accompagnés d'une sauce pimentée: un délice !!!) devant la maison dans la rue.           Thiès, c'est aussi nos aventures chez le tailleur !! Explication : - prenez trois jeunes filles fières d'avoir d'acheter de magnifiques tissus - un tailleur myope et qui ne prend pas de notes - des modèles de vêtements un peu compliqués et vous obtenez un résultat surprenant. Sam s'est retrouvée avec un pantalon de la taille de celui d'Isa, avec un trou dans le tissu en prime, Isa avec trois haut au lieu de 2 dont 2 pas dans le bon tissu ainsi qu'un pantalon de la taille de celui de Sam aux couleurs inversées. Seule Milie s'en est bien sortie pour ce premier coup, mais n'a pas eu autant de chance chez le deuxième tailleur. Pour Isa, après 3 réclamations elle peut enfin rentrer dans son pantalon et Sam a un petit ensemble très sympa. Les tailleurs ont du talent mais il faut expliquer longtemps !!!! Surement  aussi un problème de langue.             Le commerce et les bonnes affaires nous ont attirées jusqu'au marché artisanale. Nous avons rencontré une tisseuse avec qui nous avons marchandé sévèrement et avec humour. Nous en avons profité pour l'interviewer sur son métier. Sam a trouvé son bonheur avec des petites statuettes et un wari (non pas awalé mais wari !!! , Isa a acheté un pilon pour sa future cuisine et Milie n'a rien compris quand elle s'est retrouvée avec des couverts a salade, très beau d'ailleurs, sans même avoir pensé les acheter. Se faire prendre dans un marchandage, ça peut vous faire acheter des choses que vous n'auriez pas imaginé.            Coté alimentaire, nous avons deux pêchés mignons : les mangues juteuses, fraiches et gouteuses et les biskrem toujours et encore, ces petits gateaux fourrés au chocolat.          Un après midi, nous avons retrouvé notre rôle d'animatrice de choc ! Hé oui l'IUT laisse des traces. Une sortie glace avec les enfants de la famille s'est organisée en 2 temps 3 mouvements. Nous avons réussi à caler les 13 enfants plus nous 3 dans deux taxis. Hé Zou ... direction le Délice ! Cette grande tablée s'est régalée de glace aux couleurs alléchantes et les petites bouilles se sont bien maquillées. Un bon moment hors de la maison avec cette adorable marmaille. Coté boulot, nous venons de finir la 6 eme histoire. YOUHOU !!!!!!!! Les 3/4 du travail sont accomplis.  Nous avons travaillé avec Sokhna, la maman de Zale et la grand mère de la famille. Il a été difficile de réunir tout le monde pour une photo finale, chacun ayant toujours quelques choses à faire. Nous avons vécu un moment au sein de la famille, partagé le quotidien et observé l'organisation de cette grande famille. Ca y est, demain matin nous quittons Thiès, ce ne sera pas facile de dire aurevoir. Mardi matin , Inch' Allah, en route pour le Mali, notre dernière destination. Nous ferons une escale à Kayes avant d'arriver à Kita jeudi ou vendredi. Pour nous joindre, vous pouvez téléphoner au télécentre de Kita :  oo223 257 34 34   , nous sommes avec Mamadou Coulibaly, le menuisier chaudronnier,   on viendra nous chercher. Mais dans tous les cas on vous passe un coup de file quand on arrive. Voili, voilo, encore un mois et un jour pour profiter de la terre africaine. Bises à tous Milie et Isa Messages perso : Caro: info voyage: pour le visa pour la Mauritanie, si tu prends l'avion depuis la France, adresse toi à l'ambassade de Mauritanie à Paris, si tu passes par la terre, tu peux le prendre au consulat de Maur. à Casablanca, ça coute 10 euros pour 1 mois. Pour les vaccins va voir un médecin, mais fais la fièvre jaune le plus tot possible car il y a un délais, d'autres vaccins sont aussi à faire en fonction des zones de voyage. Pour l'antipalu, on prend la savarine, celui qui a pour le moment le moins d'effet secondaire. Et la piscine chez toi, c'est quoi ce délire ???? Bisous Zakaria : merci pour les news, bon courage pour le boulot, c'est chouette. Plein de bises à la famille. Anne: merci pour la photo, il est trop beau !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! pour l'appart, c'est mam' qui m'a dit qu'elle s'en occupait Mélanie du Roots : félicitation pour l'IUFM et merci pour l'invite. Bises Raph :  quand le mais tombe à l'eau il y a clématis !!! Bérengère : merci pour de vrais news car Dave m'avait donné que la météo !! Bisous

 

 

Kita, le dimanche 8 août 2004 :

Bonjour à tous !

C'est le ventre noué que nous avons quitté la famille Diouf, après avoir partagé une 20aine de jour leur quotidien. Nous avons pris un taxi avec Sam, en direction de Dakar : Sam pour reprendre le chemin de la réalité française, et nous pour continuer notre périple vers le Mali. Les jauges à essence sénégalaises ne sont pas toujours très fiables à moins que ce ne soient les chauffeurs qui remplissent leur réservoir au compte gouttes... Mais, toujours est il, à notre grand étonnement, nous sommes tombés en panne devant une station service. OUF !! Le conducteur avait, semble- t-il, prévu le coup !

Arrivées à Dakar, nous nous sommes lancées à la recherche d'un fameux bus, en partance pour le Mali. Notre flair de détective nous a dirigés vers des chauffeurs de grand bus. Ils auraient sûrement des informations à nous livrer. Effectivement, l'un d'entre eux avait ouïe-dire de ce moyen de locomotion pour le Mali. Mais, il nous annonça que la tâche ne serait pas facile : « Allez rue Lamine Gueye, prenez la 2 ème à droite après la salle des ventes. Là, il vous faudra trouver les vendeurs maliens de Kola. Ils vous en dirons plus. Trois mots clés pour votre mission : salle des ventes – kola – malien. Bonne chance... » . ( la kola est un fruit amer que l'on offre en signe de respect ou d'amitié. Souvenir souvenir pour nos compagnons du Cameroun..). Se faufilant entre les voitures et les vendeurs ambulants nous accostant, il nous fallait être efficace, car pendant ce temps, Sam nous attendait, seule, avec les sacs, et ... surtout sans Biskrem . Elle frôlait la crise de manque.

Une fois dans le bon quartier, nous avons questionné des passants pour trouver la trace de ces vendeurs maliens : « Continuez jusqu'au dernier carré d'immeubles, tournez dans une ruelle à gauche. » Enfin, des vendeurs maliens ! Ces derniers nous dirigent vers notre homme, celui qui détient entre ses mains le carnet de tickets pour voyager jusqu'à Kayes (Mali). Quel soulagement ! Nous lui faisons part de notre enquête pour retrouver sa trace. Sam nous voit enfin arriver, la mine réjouit et victorieuse, les billets à la main. Le départ était prévu pour le lendemain à 19h.

Encore une fois, la famille Hanne nous a gentiment accueillies à Dakar. Idi nous a préparé un poulet braisé délicieusement assaisonné que nous avons mangé sur le toit en terrasse de sa maison. La douceur de la soirée a été appréciée à sa juste valeur et fort heureusement car le lendemain, la pluie s'est abattue violemment sur Dakar et n'a cessé qu'en fin de journée. Les informations télévisées montraient des images de la ville inondées, dont la quartier où nous devions nous rendre quelques heures plus tard, pour prendre notre bus...

Après un coup de fil pour s'assurer du départ du bus malgré la pluie, nous avons dit au revoir à la famille Hanne et à Sam en lui souhaitant bon retour. Nous avons sauté dans un taxi, bien en avance, prévoyant les embouteillages dus aux inondations. Il nous fallut 1h30 pour rejoindre notre lieu de départ. Arrivées à bon port, assises dans le bus, une longue attente commença : tous les bagages et marchandises devaient être chargés sur le toit. Pour patienter, nous nous étions armées d'une bonne salade de crudités, confectionnée spécialement pour nous dans un petit resto, ainsi que d'un magazine de mots fléchés et Femme Actuelle... parce que nous le valons bien !

22 heures. En route pour un long trajet sur des routes parfois bien défoncées. Un bus de 50 places, ce n'est pas un 4x4, et pourtant... La nuit nous parut interminable et surtout peu rassurante. Le lendemain, au levé du jour, nous avons été surprises par le paysage verdoyant de la région de Tambaconda. Nous nous attendions dans cette zone reculée de l'Est du Sénégal, à une savane aride. Pourtant, de l'herbe d'un vert éclatant avait poussé grâce aux pluies abondantes. Les arbres étaient extrêmement feuillus et nous respirions la fraicheur de cette nature naissante.

A Tambacouda, le bus a fait un bref arrêt, juste le temps de manger un morceau. Nous nous sommes assises à une table où une préparatrice de petit déj nous a servi un café et des tartines beurrées. Le 1 er véritable arrêt après 12h de route... !

Durant le trajet, nous avons eu le temps de faire la connaissance d'un turc baragouinant en anglais (communication très difficile...), d'une ivoirienne se faisant taxer à tous les contrôles de police, d'un marabout qu'on a failli perdre en route, et d'une sénégalaise venue rendre visite à sa soeur à Kayes. Cette dernière, Aïssatou, nous a gentiment proposé de passer la nuit chez sa soeur au lieu d'aller à l'auberge. Ce que nous avons accepté. La journée de transport fut vraiment fatigante : chaleur, pistes dégradées par les pluies, grand nombre de voyageurs (même les strapontins étaient occupés). A la frontière, la douane malienne a demandé au chauffeur de descendre certains bagages du toit pour les fouiller. Pendant ce temps, les policier ont contrôlé nos passeports, nous demandant un petit billet... Ce que nous avons refusé ! Mais tout le monde n'a pas eu la chance d'éviter ce raket, puisque s'ils refusaient, les non maliens risquaient de voir leurs papiers saisis.

Après 25h de trajet, nous sommes enfin arrivées à Kayes. Nima, la soeur d'Aïssatou et un ami à elle, David, nous ont emmenées jusque dans sa maison située au bord du fleuve Sénégal. C'est dans cet endroit paisible que nous nous sommes endormies dans un lit géant, après un bon repas, pris à une TABLE (ça faisait 3 mois !).

Le lendemain matin, David est venu nous chercher et s'est démené pour que nous trouvions un transport afin de rejoindre Kita, à 360 km de là. Comme aucun bus ni taxis ne partaient à Kita à cause de la pluie, nous nous sommes rabattues sur le train. Là, un cheminot désagréable nous a annoncé avec mépris qu'il n'y avait plus de place mais encore des billets. A comprendre : il fallait se tourner vers le marché noir. Nous avons été obligées de prendre un billet jusqu'à Bamako et payer le double de ce que nous aurions du payer pour Kita. Le train devait partir le lendemain matin à 7h15. Après ce faux départ, nous sommes revenues à la maison et avons passé la journée avec nos 3 nouveaux amis d'une gentillesse exceptionnelle. Cà fait vraiment plaisir de voir qu'il existe des gens qui ouvre leur porte et leurs bras avec tant de sincérité. Comme ils nous ont dit : « C'est çà la vie. Elle peut être si simple. ».

DRING ! le lendemain, 5h45. Réveil brutal. Habillage rapide. Prêtes à prendre notre train. Il est 6h20, David arrive enfin avec le taxi. Nous chargeons nos bagages et hop, c'est parti ! Bonne surprise, à 500 m de la gare, TEUF TEUF TEUF, la voiture nous plante... Après plusieurs tentatives de redémarrage, nous avisons : il faut continuer ) pied... Le dos chargé de nos sacs, et dégoulinant de sueur, nous atteignons la gare. Un cheminot nous annonce d'un air détaché : « Le train ne part que ce soir à 20h15. » C'est pas possible !!!!!!! On ne va jamais réussir à quitter cette ville !!!!!!! Nous rebroussons chemin. Pas complètement désespérées, nous nous consolons devant un délicieux petit dèj, accompagné de confiture de mangues maison. Les siestes ont ponctué la journée, mais ne nous ont pas empêché d'être active. En effet, une panne d'eau nous a contraintes à remplir des seaux au robinet du quartier. Maintenant, nous savons ce que vivent certaines femmes africaines à porter des seaux d'eau sur la tête. Ce n'est pas de tout repos !

A 20h, une bonne fois pour toute, nous quittons nos amis et embarquons dans le train. Enfin ... il nous a fallu lutter pour pénétrer dans le wagon bondé ! Le problème : la compagnie ferroviaire vend 2 fois plus de places qu'il n'y a de sièges disponibles. Résultat : une multitude de bagages dans l'allée et sur les portes bagages, des gens entassés et d'autres debout durant tout le trajet, une chaleur étouffante, des bébés qui passent par les fenêtres pour prendre l'air avant le départ... Heureusement, nous avions chacune une place et nous avons pu voyager assises. Le trajet fut bien animé : Une femme dans l'allée qui s'appuie sur Isa pour dormir, un homme debout dans les pieds d'Isa, un sac qui tombe brutalement sur Isa qui dort. Quant à Emilie, coincée entre nos sacs, elle tente désespérément de faire ses mots fléchés pour ne pas sombrer dans un transe léthargique sous une chaleur accablante. Enfin, nous sommes arrivées au petit matin, après 11h d'un voyage inoubliable. Depuis notre départ de la France, nous comptabilisons 176h30 dans des transports, soit 7jous et 7 nuits de trajet.

Madou, artisan menuisier travaillant en relation avec l'association Afric' Impact (Grenoble), nous attendait à la gare de Kita et nous a conduit chez lui. Dans la grande cour, une 20aine de personnes habitent dans plusieurs maisons. d'ailleurs, son frère vient de construire un petit bâtiment et nous l'a prêté le temps de notre séjour. Kita a l'air d'être une petite ville tranquille où les pistes en latérite mènent à des forêt et des falaises rocheuses.

Nous avons présenté notre projet à Madou qui a été d'une efficacité remarquable et le soir même nous a présenté un grand père griot, joueur et fabriquant de Kora. C'est instrument composé d'une calebasse recouverte d'une peau de biche ou de vache et d'un long manche où sont fixées 21 cordes. Le son qui s'en dégage est proche de celui de la harpe et est très pur. Ce dernier a été l'un des fondateurs de l'Ensemble Instrumental National du Mali en 1960. Un griot est un historien de la parole. Il peut retracer l'histoire de l'Empire Mandingue de Soundiata Keita (période du Moyen Age en Afrique de l'ouest) ou de familles célèbres grâce à des chants, des rythmes et des mélodies. Il est également médiateur et régulateur de conflits entre les habitants.

Depuis Thiès et Dakar, nous marchons dans les pas de Nico et Aurélie qui ont également fait cette étape à Kita.

Ce message est essentiellement une description de notre trajet jusqu'au Mali, qui a occupé notre semaine. Ce sont les aléas des transports !!

Nous restons à Kita jusqu'au lundi 16 aout. Après, ce sera la découverte de la capitale Bamako.

A très bientôt. Bises à tous

Isa et Milie

Messages persos :

Manue des Iles  : merci vraiment beaucoup pour toutes les news. C'est agréable de savoir ce que vivent les autres en France. Je suis très contente pour toi et Manu, pour votre nouvelle vie en Angleterre. Dommage, on ne fera que se croiser : Je passerai à mazé en octobre, Inch Allah !

Camille  : Alors ce camps ? Qu'est ce que ça a donné ?

Sylvain  : un petit bonjour ! J'espère que tout va bien pour toi. Je pense bien à toi sur la terre africaine. Bises

Chacha et Telly : pleins de bisousde nous deux les folles ! eclatez vous bien!

Victoire, Vincent, Manue, Manue, Elodie, Lucie: Ah les bonnes soirées internat... on s'y croirait! La prochaine fois je vous amène un gateau !!!

Loic : Merci petit frrère... Tu sais que cette grande amitié est reciproque.Pleins de bises à toi et à Titou.

Cissé et Oumar : un grand bonjour du Mali !

Khadim : merci pour tout et pleins à tous

Kentkent : Ca y est t'as fait presque plus de pays que nous ! grrrrrr !!! pleins de bises d'Isa et de pootoo d'Emily.

Le mercredi 18 août 2004 :

Problème avec le msg reçu du Mali !

 

Bamako, le dimanche 29 août 2004 :

Bonjour à tous !!                Notre périple s'achève très bientot. Le 2 septembre, nous reprenons notre avion au départ de Bamako. Nous savons d'avance que l'atterrissage dans la réalité française ne sera pas des plus faciles, surtout après 4 mois de nomadisme.                  En attendant de nous voir revenir, nous vous contons nos dernières aventures...                 Après s'etre bien reposées dans la capitale, le 19 aout à 18h, nous sommes parties en compagnie de Dogolou, vers le pays Dogon. Cette région du Mali se situe à environ 600 km au nord est de Bamako. La compagnie de bus Bittar nous a surprise par sa ponctualité et son organisation. 18 h pétantes, c'était parti !! Nous avons roulé jusqu'à 4h du mat' pour atteindre Sévaré (à coté de Mopti) avant de reprendre un véhicule pour Bandiagara puis Sangha.                    Difficile de trouver une voiture pour continuer à 4h du mat'. Il ne nous restait plus qu'à prendre un petit déj très matinal à une table de la gare routière. Peu après, allongées sur les sacs, Isa n'a pas tenu le coup et s'est assoupie jusqu'à 8h30 (pas étonnant...!), heure où le mini bus, enfin au complet, a pu partir. Direction Bandiagara, ville à la porte du pays Dogon. Mais pour atteindre Sangha, notre destination, il nous fallait trouver une voiture qui se rendait dans ce village reculé. A l'affut d'une occasion, Dogolou a trouvé une solution: nous nous sommes entassés dans un 7 places surchargé de bagages, avec 3 étudiants français en escapade pour quelques jours.                       Au petit matin, roulant sur une piste de latérite, nous avons découvert un paysage de rochers, de champs de mil, de baobabs, et traversé des ruisseaux coupant la route. Longeant quelques villages, nous avons pu admirer les toits de paille des greniers: 1er aperçu de la culture des Dogons. On trouve des greniers males, destinés à la conservation du mil, dont l'accès est réservé au chef de famille (il gère les rations quotidiennes) et les greniers femelles réservées aux femmes pour entreposer dans des compartiments, les condiments, les rations de mil pilés et les ustensils de cuisine.                         Arrivés à Sangha, Bintou une amie de Dogolou et sa nièce Tanti, nous ont accueilli. Les villages du pays Dogons s'étendent sur le plateau de Sangha, la falaise de Bandiagara et la plaine sableuse du Séno qui continue jusqu'au Burkina Faso. La commune de Sangha, située sur le plateau, s'organise en 10 petits villages plus ou moins espacés. Le paysage plat et rocheux qui offre une vision exceptionnelle sur l'horizon et le ciel, n'est pas dévisagé par les poteaux electriques. Les rares maisons qui disposent d'électricité, sont alimentées par des groupes electrogènes ou des paneaux solaires. Il n'y a pas non plus l'eau courante, et les femmes vont et viennent du puits à la maison, un seau d'eau posé sur la tete. Les principales ressources du village sont l'agriculture, l'élevage et le tourisme.                     Les maisons en torchis et en grès se cotoient. Au détour d'une ruelle, on peut découvrir une porte en bois sculptée (à l'éfigie des ancetres Dogons) qui s'ouvrent sur une cour où une femme pile du mil.                      Pendant 6 jours, nous avons logé dans une petite maison en grès. Quel plaisir le maton de se laver dehors avec vu sur ce magnifique plateau ! Quelle émotion le soir, à chaque coucher de soleil, où le ciel se teintait de mauve, rouge et oranger, et où les nuages semblaient etre l'oeuvre d'un artiste peintre.                       Bintou, volontaire du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) dans le cadre d'un programme de préservation du patrimoine Dogon, a régalé nos estomacs par sa cuisine délicieuse. Sa bonne humeur était également très communicative. Contrairement à Kita, où nous subissions les cocoricos matinaux des coqs, ici, ils se sont tous fait zigouiller et nous les avons mangés ...                        Bien évidemment, nos soirées étaient ponctuées de notre série brésilienne préférée, grace au paneau solaire ( grand soulagement d'Isa qui a compris que Milagro n'était pas la soeur d'Ivo...). Nous avons aussi suivi une partie des épreuves d'athlétisme des JO, parfois difficile de distinguer les coureurs des fourmillements de la TV...                        En vivant dans ce paisible village, nous avons essayé de comprendre la culture des Dogons (en tout cas, une partie...). D' origine animistes, les Dogons ont vécu les vagues d'islamisation et de christianisation, malgré leurs tentatives de résistance. Aujourd'hui, catholiques, protestants , musulmans et animistes vivent ensembles et cela meme au sein d'une meme famille (belle leçon de tolérance !). Dogolou nous a expliqué quelques rites animistes et nous avons pu observer avec lui les tables divinatoires du renard. "Un peu à l'écart des habitations, entre village et brousse, on trouve des carrés de sable sur le sol. Chaque soir, un devin dispose quelques brindilles et des cailloux pour fomuler une "question". Il place également quelques arachides pour attirer le renard, considéré comme messager entre Dieu et les hommes. Le matin, en fonction des empreintes de pattes laissées par l'animal sur le sol, le devin lit l'avenir." (merci les Guides Arthaud pour leur explication claire !).                         Pour le projet, nous avons rencontré notre dernière grand mère: Yanidiou. Nous l'avons suivi au lever du soleil jusqu'à ses petites parcelles de piments, gombos et aubergines en contre bas du village. Un seau sur la tete, un petit fils dans le dos et deux autres l'accompagnant, elle apportait depuis chez elle, des cendres pour fertiliser ses cultures. Nous avons été admiratives du travail difficile effectué par  des femmes qui désherbaient et arrosaient leurs cultures avec l'eau puisé au ruiseau.                      Après 3 jours passés avec Yanidiou, nous sommes allées lui dire au revoir le dernier soir. Dans sa chambre éclairée à la lampe tempète, nous avons écouté avec émotion ses conseils et ses souhaits de réussite nous concernant.                       La pluie n'ayant pas cessé deux jours durant, nous avons craind de ne pas pouvoir explorer des villages du plateau, de la falaise et de la plaine. Finalement, le jour prévu, à 7h du matin, après un magnifique lever du soleil, nous avons commencé à marcher sur le plateau. Quelques heures plus tard, nous crapahutions sur la faille rocheuse menant jusqu'au village d'Ireli. De là, nous dominions la plaine (pour vous donner une idée: la meme vue que dans le dessin animé du Roi Lion quand le singe, depuis un rocher, lève Simba au ciel pour sa naissance. Quelle référence !). Nous sommes descendus au pied de cette falaise impressionnante. Des villages, dans un décor de roches, verdure et cascade, étaient de ceux qu'on imagine dans les contes de fées.                       Avez vous déjà entendu parlé des Télems? Ces hommes, jusqu'au 15eme siècle, vivaient dans des habitations troglodites perchées à 300 metres de hauteur dans les falaises. Face à ses abris étonnants, nous sommes restés béats, nous demandant comment ces hommes regagnaient leur domicile. Une légende raconte qu'ils avaient des pouvoirs magiques. Ca pourrait bien etre vrai...                         En remontant la falaise, nous avons croisé des femmes Peuls portant des calebasses de lait. Arrivant de la plaine, elles parcourent 20 km  par jours pour vendre du lait caillé jusque sur le plateau. Fascinantes, dégageant une certaine grace, leur visage fin était orné d'un tatouage autour des lèvres, d'un anneau au nez et d'une série de boucles aux oreilles.                         Notons pour finir: Emilie, toujours dans sa série "Aidons les animaux", a sauvé d'un écrabouillement probable, 2 petites tortues.                           Nous avons vraiment été séduites par les paysages de cette région du Mali. Pour les amateurs de calme, de grands espaces et d'authenticité, courrez vous rendre là bas !                         Jeudi 26 aout, après les aurevoirs à Bintou et Tanti, nous sommes partis tous les 3 en taxi 9 places, en direction de Mopti, ville au bord du fleuve Niger. En Afrique en général, on transporte vraiment de tout sur le toit des véhicules, notamment des moutons et des chèvres. D'habitude, les propriétaires de ces animaux prennent la peine de les mettre dans des sacs plastiques résistants, ne laissant dépasser que la tete. Et pour cause... Installées confortablement à l'arrière de la voiture, fenetre ouverte, cheveux au vent, nous profitions de l'air qui s'engouffrait. Tout à coup, il se mit à pleuvoir. Mais ce n'était pas de la pluie...! Nous étions en train de recevoir en pleine figure, de l'urine de chèvre ! Nous avons juste eu le temps de nous protéger avec un sac plastique (contenant des souvenirs...), mais nous ne sommes pas sorties indemne. Notre nouveau parfum "Pipi De La Chèvre", après Channel n°5, a fait fureur ! Expérience inoubliable...                      Après une bonne douche, nous avons passé la nuit à Mopti. Nous avons sillonné le port sur le fleuve Bani (qui se jète dans le Niger) où de nombreuses pirogues immenses et bachées, partent pour Tombouctou, ville du désert. 3 jours et 2 nuits de navigation attendent les voyageurs.                          Le marché artisanal que nous avons traversé, pour le "plaisir des yeux", regorgeait de bijoux et de tentures peuls. Un travail raffiné.                          N'oublions pas non plus notre Capitaine braisé (poisson du fleuve) avec une sauce moutarde, savouré au bord du Bani, au clair de lune... juste avant un orage !                            Et maintenant, nous sommes à Bamako, chez notre ami Dogolou, qui nous accueille gentiment dans sa famille. Il nous a appris beaucoup sur la culture dogonne .                           Notre voyage touche à sa fin. Nous avons vécu une expérience fabuleuse et avons eu la chance de rencontrer des gens formidables qui ont pris le temps de nous accompagner, de discuter et de vivre leur quotidien avec nous. Des relations naturelles et spontanées.                            Notre duo de choc qui a vécu 4 mois 24h sur 24 ensemble, a tenu bon... et meme très bon ! BILAN: on ne s'est pas encore tapé dessus.             On a vraiment tout partagé: le vomi, la diarrhée (clin d'oeil à Nadia), les lits, les moustiquaires, les assiettes, les culottes, les eaux sales des lessives, les sièges de transport, les coups durs et les fous rires, nos odeurs plus ou moins agréables, les jets d'urines de chèvre, les frayeurs dans les bus, le marchandage, les stylos, la crème solaire, le portefeuille, les prises de tete à écrire les histoires du projet, .... Vraiment tout... sauf notre brosse à dents pour des raisons d'hygiène bucco-dentaire !                A l'heure actuelle, nous en sommes arrivées à un point tel, que nous disons les memes phrases et avons les memes pensées au meme moment. Ca devient effrayant !!!!                 Avec nos deux cerveaux, nous avons fait un super cerveau, très pratique dans les situations délicates. Complémentarité exemplaire !! Un seul hic: la séparation brutale... ! qu'allons nous devenir ...                  Une rééducation pour l'indépendance et l'autonomie cérébrale s'avère nécessaire.               Sans transition. Nous tenons à remercier toutes  les personnes qui nous ont accueillies et nous ont permis de rencontrer des grands parents; les grands parents et leur famille qui ont partagé avec nous un moment de leur vie; nos deux familles, notamment nos mamans qui nous ont sorties des panades financières au Mali; nos chéris qui étaient toujours présents malgré la distance; les poulets égorgés que nous avons goulument dégustés, tous les baroudeurs (bonne route à vous!) et les gens du pays que nous avons croisés sur notre chemin; et vous tous qui nous avez soutenues tout au long de se périple.                 L'aventure n'est pas terminée, elle continue en France avec la relecture des histoires rédigées et la recherche d'un éditeur. On vous tient au courant... Nous n'avons eu que quelques réponses, mais jamais la bonne à notre mystérieuse énigme, mais on vous donne quand meme la réponse, : Question: savez vous comment peut on connaitre la durée de voyage d'une baroudeuse? réponse: à la longueur des poils de ses jambes ! on vous laisse imaginer au bout de 4 mois...! On vous embrasse tous et à très bientot pour ceux qui sont en France. Isa et Milie Messages persos: A tous les dromadaires de Mauritanie: Je vous aiiiiiime (signé Milie) A tous les biologistes: Isa souhaiterait avoir des infos sur la vie des mouches A tous les Amis: mettez les binouzes au frais... on arrive ! Youhou !!! Willy : répare bien ton ordi ! Pap des: t'inquiète pas tu seras toujours mon papounet. Bises d'emilie Guislaine : bonne année au Canada, on attend des nouvelles les manu(e)s : bonne rentrée en angleterre! je pense bien à vous2 Nice cool : on espère que c'est toujours aussi zen sur ta plage raph : calbuts calvin klein. On note. On va voir ce qu'on peut faire... cissé : on garde le contact, y a pas de problem khadim : pleins de bisous à la petite Astou et sa maman céc : nous aussi on a un gros noeud dans le ventre à l'idée du retour telly : bon voyage, tu reviens quand? Lu : je suis heureuse pour toi! Mais c'est quoi comme volontariat? Et tu passes quand à lyon?

 

Grenoble, le mardi 28 septembre 2004 :

Bonjour à tous et à toutes !

Désolé pour le retard, mais les nouvelles arrivent enfin…

Nous voici de retour en France depuis maintenant 1 mois bientôt. L'atterrissage s ‘est opéré en douceur grâce à nos familles et nos amis qui nous ont bien entourés. Nos esprits garderons toujours de belles images de cette aventure africaine. Aujourd'hui, nous partageons ces émotions avec nos proches en feuilletant les quelques 650 clichés rapportés durant ces 4 mois…

Et le travail continue ! Nous nous attelons actuellement à la rédaction du livre qui comportera 4 parties concernant les 4 pays : Maroc, Mauritanie, Sénégal et Mali. Dans chacune d'elle on retrouvera une fiche descriptive du pays, les 2 histoires des grand-parents ainsi qu'un lexique expliquant les termes particuliers utilisés.

Nous espérons pouvoir nous mettre à la recherche d'un éditeur dès que nous aurons terminé d'écrire le manuscrit et que nous l'aurons fait lire à des professionnels de l'éducation et de la solidarité internationale, ainsi qu'à des parents.

Alors au boulot ! D'ici là, nous vous donnerons d'autres nouvelles…

Merci encore à tous pour votre soutien.

On vous embrasse.

Isa et Milie


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